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Bad-Krozingen
Dienstag, 10. Februar 2026
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Essen+Genuss

À la table d’un dieu en France: au « Buerehiesel », Eric Westermann enchante les papilles à chaque bouchée.

Le dieu de la cuisine Eric Westermann avec le critique gastronomique Werner Semmler au Buerehiesel à Strasbourg (Bild: Regionalia)

Eric Westermann compte parmi les meilleurs chefs cuisiniers d'Europe. Ses valeurs professionnelles, dit-il, sont marquées par le respect du produit dans ses créations. Viennent ensuite l'honnêteté et la sincérité, la loyauté, le partage et la transmission. Eric Westermann est mon chef français préféré. Chez lui, chaque bouchée est un délice. Son art culinaire est un cadeau du ciel pour tous les gourmets et une visite chez lui se termine toujours par un « Hymne à l'amour », en son honneur, lui, le grand artiste de la cuisine française raffinée. On ne peut que tomber amoureux de l'art culinaire d'Eric Westermann et de sa modestie sans prétention. On aimerait, dans cet élan d'amour, laisser Édith Piaf ou Céline Dion chanter pour lui après chaque repas.

Le dieu dont il est question ici se réfère à l’expression allemande « leben wie Gott in Frankreich », littéralement « vivre comme Dieu en France », bel hommage à l’art de vivre à la française. 

Les bons cuisiniers ont la mentalité de grands artistes. Les grands artistes sont calmes, modestes et discrets. Ce ne sont ni des rustres, ni des manipulateurs, ni des vantards. Ils convainquent par leurs actes et leurs œuvres. Ce sont leurs œuvres qui, à l'instar du célèbre tableau de Léonard de Vinci représentant « La Joconde » souriante, témoignent du grand pouvoir créateur de leurs auteurs. L'art est une question de capacité, pas de volonté. En allemand, ce mot exigeant se dit Kunst et vient de Können qui signifie pouvoir, être capable. S’il dérivait de vouloir, Wollen, il devrait s'écrire « Wulst » ou « Wunst ». Cela vaut bien sûr aussi pour le grand art culinaire. Parmi les nombreux cuisiniers européens, le nombre de ceux qui « veulent » est bien supérieur à celui des vrais experts qui « peuvent ». Rares sont aussi les cuisiniers qui ont vraiment eu les meilleurs professeurs. Chez les cuisiniers aussi, les meilleurs convainquent par leur savoir-faire et leurs œuvres culinaires. Les mauvais artistes sont bruyants et vantent leurs œuvres en les expliquant de manière insistante. Comme les mauvais artistes, les mauvais cuisiniers aiment être bruyants et provoquer par des extrêmes. Eux aussi aiment vanter et expliquer leurs œuvres culinaires de manière insistante, avec force clameurs, et en faire tout un plat. Eric Westermann est un expert qui n’est pas imbu de lui-même. Je suis allé au « Buerehiesel » pour la première fois en 1971. Ses parents, Viviane et Antoine Westermann, l'avaient ouvert en 1970 ; son père était un cuisinier de génie et un artiste d’un talent exceptionnel. Pour moi, Antoine Westermann était le meilleur cuisinier français dont j'ai pu déguster les créations au cours de ma vie. L'art culinaire d'Antoine Westermann était reconnu et sa femme Viviane Westermann jouait le rôle de « maître d'hôtel » et d'hôtesse, telle une reine française gracieuse. Après 20 ans de travail acharné, le Burehiesel est devenu une institution de la gastronomie française, récompensée par trois étoiles Michelin en 1994. Le restaurant est situé dans le parc de l'Orangerie, à Strasbourg, à proximité du Parlement européen. En 2001, Eric Westermann est revenu auprès de ses parents après avoir eu pour maîtres des chefs de renommée mondiale à l'Hôtel du Palais à Biarritz, à l'Hôtel de Crillon à Paris, chez Jacques Thorel à La Roche Bernard et chez Jacques Lameloise à Chagny. Six ans plus tard, ses parents ont souhaité se retirer de leur œuvre gastronomique. Eric Westermann racheta le Buerehiesel et perpétua la tradition Westermann. Depuis 2001, il est secondé par son chef de cuisine Fabrice Thouret. Eric Westermann propose à ses clients un menu qui change quotidiennement et quelques plats exceptionnels qui faisaient déjà la renommée mondiale de son père Antoine Westermann. Les « cuisses de grenouilles poêlées au cerfeuil et Schniederspaetle à la crème d'Isigny » de Westermann sont célèbres. Les clients en rêvent encore des décennies plus tard et c'est pourquoi ils sont nombreux à vouloir revenir.

Restaurant Le Buerehiesel
4 Parc de l'Orangerie, 67000 Strasbourg, France 

Auteur :  Werner Semmler rédacteur en chef

Autor:  Werner Semmler Chefredakteur (Regionalia Deutschland, Artikel-Nr. 18343 ISSN 2698-6949)

Angelegt am 30.01.2026 00:14.

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